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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 14:37
Nantes, ville saccagée? Mais par qui?

J'ai mis du temps à publier ce billet, non par manque d'infos ou d'idées, mais chaque instant des infos nouvelles, comme celle de cet homme qui a perdu un oeil, suite à un éclat de grenade.

Puis aussi sur le rebibochage très prévisible des ministres Verts avec Ayrault. Duflot, Mimolette pour ceux qui la connaissent bien, a levé toute ambiguïté, elle restera ministre quoi qu'il arrive!

Nantes, centre ville saccagée ? Quelle foutaise, la manifestation n’a pas pu accéder au centre de Nantes !

Le bal des faux-culs commence … écoutez le sénateur Vert Jean Vincent Placé, « nous avons toujours condamné les violences » qui prend bien garde de ne pas dénoncer les violences policières sous les ordres du préfet.

Dès 8h du matin, suite à un arrêté pris à MINUIT par le préfet, la police coupe toutes les rues menant au centre par des grilles.

Alors les médias se déchaînent, comme ce matin sur France-Inter « après le saccage du centre-ville de Nantes ».

Cécile Duflot reconnaitra-t-elle s’être trompée ? « Ben non, dit-elle, je ne peux m’être mis le doigt dans l’œil, mon doigt me sert à twitter ». Hey, Mimolette ça ne te fait rien de voir écrit sur des pancartes « Europe-Ecologie Les Jaunes » ?

Les Verts sont dans l’ambiguïté mais encore plus les socialistes du PS.

Juste de simples questions, juste des questions simples :

  • Peut-on être contre un nouvel aéroport ici en Ariège, mais pour un nouvel aéroport à côté de Nantes.
  • Peut-on être contre le gaspillage des terres agricoles ici, par les projets de gravières, mais pour en Loire Atlantique ?
  • Peut-on être contre la prolifération des gravières ici, mais pour la nouvelle ligne à grande vitesse « qui va avoir besoin de 40 millions de m3 de remblais pour le terrassement et les travaux de l’ensemble ». Voir la Dépêche http://www.ladepeche.fr/article/2014/02/10/1814722-lgv-une-epine-dans-le-pied.html
  • Peut-on n’avoir que le point de vue ariégeois ? Oublier tous-toutes les Ariégeois-ses qui vont travailler à Toulouse … donc des routes, des voies ferrées, des bureaux aux murs de béton, des rues, des parkings … que sais-je encore ? Ah oui des zones commerciales ! Savoir aussi que le Conseil Génaral 09 et la Chambre d’Agriculture 09 ont signé un protocole de « bonne conduite » avec les carriers.

A force de ne prendre les sujets qu’un par un, de manière séparée, nous nous mettons les doigts dans l’œil comme Mimolette sus nommée.

Les projets de gravières, comme les projets d’autoroutes, LGV, aéroports font partie de visions d’un monde qui se casse la gueule. On ne peut pas être contre les extractions de graviers et pour le bétonnage pas loin de chez nous. C’est bien une lutte contre le modèle économique qu’il faut mener ! « oulala JLB, t’es fou, tu remets tout en cause ! nous, on veut juste pas de camions sur nos routes, pas de bruits et de poussières près de nos maisons ! ».

Ce qui est flagrant sur Notre Dame Des Landes, c’est, par exemple sur la ZAD, la mise en place, petit à petit et tous ensemble, d’un autre monde, plus respectueux de l’environnement, plus basé sur les échanges que sur la compétition. Et c’est ça qui dérange. 2 000 personnes vivraient actuellement sur la ZAD (rappel en toute illégalité pour beaucoup).

S’il y a ambiguïté à lever c’est celles des déclarations, Jean Marc Ayrault : « Ces violences sont inacceptables dans un Etat de droit. Tous ceux qui exercent des responsabilités publiques doivent condamner les squatteurs de la ZAD [zone d'aménagement différé réservée à l'aéroport], organisateurs délibérés de ces violences »

Quant au préfet de Loire-Atlantique, « l'opposition institutionnelle à l'aéroport serait la vitrine légale d'un mouvement armé », attribuant en partie les violences de la veille aux militants anticapitalistes installés dans des squats ou des cabanes depuis plusieurs mois ou plusieurs années pour en opposition au projet, qui auraient « fourni certainement une partie non négligeable des “troupes” qui se sont déployées ». Ben dis donc, les troupes armées ? Il se croit en Ukraine ou quoi ? S’il y a bien un sujet de solidarité, c’est qu’ici en Ariège comme en Loire Atlantique, les préfets nommés par la gauche ne se différencient pas de ceux nommés par la droite. Merci au PS !

ou le fumeux Valls : « Cette violence venant de cette ultra-gauche, de ces Black Bloc, qui sont originaires de notre pays mais aussi de pays étrangers est inadmissible ». Au secours, des étrangers nous attaquent … dites, c’est quoi la différence entre Valls et Sarko ? AUCUNE !!!

Pour en revenir à ces gravières, ici en Basse Ariège, peut-on se limiter à dénoncer une extraction massive sans contester en même temps le modèle économique bétonneur de surfaces agricoles ? Peut-on se limiter à dénoncer sans proposer un autre monde (non, pas modèle !) et commencer à le construire, par une fonctionnement démocratique et ouvert des associations et des collectifs qui se créent (et ce n’est pas la cas en Basse Ariège), par une solidarité avec des projets similaires. Tiens au fait, l’ACAST, où était-elle Samedi 22 Février ? A-t-elle montré une quelconque solidarité, autre que de façade, en aidant financièrement les cars qui montaient à Nantes par exemple (pour celles et ceux qui ne le savent pas, il y a un véritable pactole (trésor) financier à l’ACAST). Si l’on se contente de dénoncer sans proposer autre chose que la culture intensive de maïs, on n’ira pas loin ; certes Denjean pollue la nappe en remblayant avec des remblais toxiques, mais nitrates, atrazine et autres pesticides polluent aussi la nappe.

Sur la ZAD, zone d’aménagement différé officiellement, pour nous Zone A Défendre, celles et ceux que l’on nomme les zadistes, ou les Camille (désir de ne pas se mettre en avant, de mettre l’anonymat au service du collectif) installent un autre monde, et c’est ça qui fait peur à Ayrault et autres socialos, un monde basé sur « le faire ensemble ».

Aucune personne, lors de la manifestation, ne s’est sentie menacée par ceux que Valls appellent l’ultra gauche (en opposition à la gauche molle sans doute), aucun trouble dans la manifestation, aucune tension, mais du festif, des discussions ; pour preuve, quand la manifestation a été coupée en 2, que les lacrymos ont commencé à pleuvoir, personne n’a fui, n’a quitté les lieux, tout au contraire les discussions ont continué.

Quant aux vitrines brisées, celle de la boutique Vinci a volé en éclats, celle de l’annexe de la Mairie, Sncf, et une agence de voyages, abondamment taguées ; quant au commissariat, tagué à l’aller de la manif, puis rez de chaussée dégradé (bizarre qu’il ne soit pas plus protégé que ça ?), engins et cabanes du marché ont brûlé mais de là à parler de « dévastations », faut pas pousser ; à croire que les journalistes regardaient les matchs de rugby à la télé au lieu d’être sur place !!

Alors revenons plutôt au communiqué des organisateurs :

« Communiqué des organisateurs-trices de la manifestation anti-aéroport du 22 février.

La manifestation d’aujourd’hui a connu une mobilisation inégalée.

520 tracteurs, venus de tous les départements limitrophes ont été comptés, deux fois plus que le 24 mars 2012 à Nantes. Cela marque une implication massive du monde paysan. Les tracteurs vigilants sont prêts à intervenir sur la zad.

Il y avait 63 bus venus de toutes les régions de France, deux fois plus encore que lors de la chaîne humaine. C’est le signe d’une mobilisation nationale et de la connection entre Notre Dame des Landes et d’autres luttes contre les grands projets inutiles et imposés.

Il y avait entre 50 et 60 000 personnes, plus encore que lors de la manifestation de réoccupation du 17 novembre 2012. Il s’agit de la plus grosse mobilisation du mouvement.

Le défilé a été festif, créatif et déterminé, avec des batukadas, salamandres, tritons géants, masques d’animaux marquant le refus de la destruction des espèces protégées et des mesures dites de compensation. Des prises de paroles et animations ont eu lieu jusqu’à 18h square Daviais.

La préfecture avait choisi de mettre Nantes en état de siège et de nous empêcher d’être visible dans le centre ville. C’est la première fois qu’on interdit à une manifestation d’emprunter le Cours des 50 Otages. Une partie du cortège est passée par l’île Beaulieu. Une autre a essayé de passer par le trajet initialement prévu et a fait face à une répression policière violente avec tir de flashball, gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Cela n’a pas empêché les manifestant-e-s de rester en masse dans les rues de Nantes jusqu’à la fin.

Il existe différentes manières de s’exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti-aéroport, il n’est pas étonnant qu’une certaine colère s’exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la zad ?

Cette journée est un succès et les différentes composantes de la lutte restent unies sur le terrain. L’opposition ne fait que croître depuis 30 ans. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’abandonner le projet d’aéroport ! »

Infos sur http://zad.nadir.org/

Articles plus mitigés sur Reporterre http://www.reporterre.net

Sur un blog http://duclock.blogspot.fr/2014/02/nantes-centre-ville-devaste-de-quoi.html

la préfecture, lieu de départ de la manif, barricadée dès 9h du matin; les petites rues menant au centre-ville aussila préfecture, lieu de départ de la manif, barricadée dès 9h du matin; les petites rues menant au centre-ville aussi

la préfecture, lieu de départ de la manif, barricadée dès 9h du matin; les petites rues menant au centre-ville aussi

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Jean Luc Jean Luc
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